sports

Siteny Randrianasoloniaiko tente le forcing pour l'adoption de la réforme de la loi sur la décentralisation

L'Assemblée nationale entend faire de la décentralisation l'un des principaux chantiers politiques de cette année 2026. Lors de l'ouverture officielle de la première session ordinaire, hier à Tsimbazaza, le président de la Chambre basse, Siteny Randrianasoloniaiko, a affirmé que les travaux parlementaires ne prendront pas fin tant que la loi instaurant une véritable décentralisation n'aura pas été examinée et adoptée.

« La session ne prendra pas fin tant que la loi portant sur la véritable décentralisation n'aura pas été étudiée et votée », a-t-il déclaré devant les députés et les autorités présentes.

Pour le président de l'Assemblée nationale, cette réforme constitue une nécessité afin de garantir une meilleure répartition des ressources et des pouvoirs au profit des collectivités territoriales. Selon ses explications, seules 2 % des ressources budgétaires de l'Etat parviennent actuellement dans les régions, tandis que celles-ci ne disposent que de 5 % du pouvoir décisionnel. Une situation qu'il juge incompatible avec le développement équilibré du pays.

Siteny Randrianasoloniaiko estime ainsi que seule une véritable décentralisation permettra à tous les Malgaches de jouir pleinement de leurs droits. Il a également accusé les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays de n'avoir jamais eu la volonté politique nécessaire pour concrétiser cette réforme pourtant régulièrement évoquée depuis plusieurs années.

Mais au-delà des déclarations politiques, la mise en place d'une véritable décentralisation nécessiterait un vaste chantier institutionnel et juridique. Une telle réforme impliquerait notamment d'importants amendements des dispositions légales en vigueur, aussi bien en matière de ressources territoriales que d'organisation de la gouvernance administrative. Le transfert effectif des compétences et des moyens financiers vers les collectivités locales exigerait également une profonde révision du fonctionnement de l'Etat centralisé malgache.

Cette ambition soulève ainsi des interrogations sur la capacité réelle des députés à mener une réforme aussi structurante. Nombre d'entre eux siègent pourtant depuis plusieurs mandats à l'Assemblée nationale sans qu'aucune proposition concrète d'envergure sur la décentralisation n'ait véritablement vu le jour au sein de la Chambre basse. Reste désormais à savoir si cette session parlementaire marquera enfin un tournant décisif ou si la décentralisation restera, une fois encore, au stade des promesses politiques.

-----

Source originale: www.madagascar-tribune.com →